contact@haitiwonderland.com+509 36184317

Découvrir

Panier

Sandra Dessalines, créer pour préserver sa liberbé
Sandra Dessalines, créer pour préserver sa liberbé
Sandra Dessalines, créer pour préserver sa liberbé

Sandra Dessalines, créer pour préserver sa liberbé

Sandra Dessalines est une peintre, sculptrice et plasticienne haïtienne autodidacte. Elle est née à Port-au-Prince, mais a grandi dans la commune de Carrefour. Aujourd’hui, elle fait figure d’ambassadrice qui vivifie la culture haïtienne à travers son art, un peu partout dans le monde, particulièrement en France où elle vit depuis plus d’une décennie.

Un parcours honorable

Sandra Dessalines a eu une formation d’ingénieur agronome à l’Université Quisqueya à Port-au-Prince et a poursuivi des études à l’INSA à Toulouse, en France. Son arrivée dans le monde de l’art de manière officielle est due au séisme dévastateur qui a ravagé son Haïti natal, le 12 janvier 2010. Cet événement l’a poussée vers la pratique de l’art, jusqu’à parvenir à atteindre le niveau qu’elle occupe aujourd’hui.

En termes de reconnaissance, Sandra Dessalines n’a plus de réputation à se faire, son style original, inspiré de son Haïti natal, l’impose de plus en plus aux yeux des grands organisateurs d’événements artistiques à Paris. En octobre 2024, elle a même reçu le prix public à Lmh Concept Evénements Art et Design pour leur 10 ans d’existence à Paris. Ce prix traduit parfaitement l’originalité de son œuvre et sa capacité à toucher le cœur des gens à travers sa création.

Haïti
Haïti
Haïti

Une passionnée

Sandra Dessalines se revendique comme une conteuse visuelle, qui s’exprime à travers ses œuvres pour capturer l’essence de son identité et de ses racines haïtiennes. « À travers mes toiles et mes installations, je cherche à capturer l’essence de mon identité, de mes racines haïtiennes et des histoires qui ont façonné mon peuple. » Cette démarche artistique est une réflexion profonde sur la mémoire, l’histoire et les émotions, un moyen pour Sandra d’exister pleinement dans un monde où les voix des femmes, et particulièrement celles des femmes noires, sont souvent mises en marge. Sandra démontre, à travers ses œuvres d’art, qu’Haïti a toujours de quoi étonner et inspirer le reste du monde, dans sa richesse culturelle.

Voir Aussi

Haïti
Haïti
Haïti

Une présence permanente

Depuis son enfance, l’art a été pour Sandra un refuge et un moyen d’expression, lui permettant de transcrire ses émotions sans barrières. Son parcours artistique l’a naturellement conduite vers la sculpture, un langage universel. « La sculpture s’est imposée à moi comme un langage universel, un moyen d’expression où je pouvais transcrire mes émotions, mes luttes et mes espoirs sans barrières. » La sculpture devient ainsi pour elle un acte de résistance, un témoignage et une célébration de son héritage haïtien, une manière de rendre hommage à son histoire et de revendiquer sa liberté. Cependant, la route n’a pas toujours été facile pour une femme noire haïtienne dans un domaine dominé par les hommes. En effet, Sandra fait face à des obstacles quotidiens, notamment le regard occidental qui réduit souvent l’art des femmes noires à une simple « esthétique exotique ». « Être une femme noire dans le monde de l’art signifie constamment devoir prouver sa légitimité. » En tant qu ’ Haïtienne, elle se bat aussi contre la marginalisation de sa culture, qui est trop souvent vue à travers le prisme de clichés réducteurs. Ces défis ne font que renforcer sa détermination à poursuivre son travail artistique avec force et conviction.

Haïti
Haïti
Haïti

Source d’inspiration

Parmi ses inspirations, Sandra cite des figures telles que le sculpteur français Rémy Trottereau, dont la résilience et l’engagement personnel l’ont particulièrement marquée. « Je puise mon inspiration chez de nombreuses figures, notamment le sculpteur français Rémy Trottereau pour sa résilience et son engagement personnel dans son art. » Elle évoque également l’énergie brute de Marc Petit et l’œuvre intemporelle d’Ousmane Saw, qui a su traduire l’âme du monde noir. Ces influences nourrissent son travail et lui permettent de donner une voix à ses profondes convictions.

Haïti
Haïti
Haïti

Instruments de travail

Les matériaux qu’elle utilise dans ses créations sont également révélateurs de son identité culturelle. Sandra travaille principalement avec de la peinture à l’huile, mais elle n’hésite pas à expérimenter avec des matériaux mixtes, intégrant tissus, papiers et éléments organiques. « J’aime aussi expérimenter avec des matériaux mixtes, intégrant parfois du tissu, du papier et des éléments organiques qui rappellent la richesse de la culture haïtienne. » Cette recherche de matériaux évoque une volonté d’ancrer son art dans la réalité de son peuple et d’enraciner son travail dans les fondements de sa culture.

Haïti
Haïti
Haïti

L’identité et l’histoire d’Haïti au cœur de son art

Les œuvres de l’artiste explorent des thèmes puissants liés à l’histoire d’Haïti, à l’identité noire et à la condition des femmes. Sandra aborde aussi des sujets comme l’exil, la résilience et la spiritualité vaudou, qui fait partie intégrante de la culture haïtienne. « Mon travail explore des thèmes liés à l’histoire d’Haïti, à l’identité noire, à la mémoire collective et à la condition des femmes. » Chaque sculpture devient un fragment d’histoire, une invitation à réfléchir sur notre passé tout en imaginant un avenir plus juste. En tant que descendante directe de Jean-Jacques Dessalines (père de la nation haïtienne), l’histoire de son pays occupe une place primordiale dans son processus créatif. L’héritage de la révolution haïtienne, porté par son ancêtre, est pour elle une source de force et de responsabilité artistique. « Être une descendante de Dessalines, c’est porter en moi l’héritage d’une révolutionnaire, d’un homme qui a changé le cours de l’histoire. » Sandra ressent le devoir de faire vivre cette histoire à travers son art et de rappeler au monde la dignité et la force du peuple haïtien.

Haïti
Haïti
Haïti

La situation actuelle d’Haïti et un message d’espoir

La situation actuelle d’Haïti est pour Sandra une source de douleur, mais aussi d’espoir. Malgré la crise profonde que traverse son pays, elle perçoit une jeunesse engagée qui refuse de se soumettre. « Haïti traverse une crise profonde, politique et humanitaire, mais je vois aussi une jeunesse debout, des artistes, des intellectuels qui refusent de baisser les bras. » À travers son art, Sandra témoigne de cette résilience et de cette force qui caractérisent le peuple haïtien.

Enfin, pour les jeunes Haïtiens qui rêvent de suivre ses pas, Sandra leur offre un message d’espoir et de détermination : « Je leur dirais de ne jamais laisser personne leur dire que leur art n’a pas de valeur. » Elle les encourage à créer sans peur, à raconter leur propre histoire et à comprendre que l’art a le pouvoir de changer les mentalités. La liberté acquise par les ancêtres haïtiens, selon Sandra, doit être préservée par la création. « Nos ancêtres ont conquis leur liberté par la force, à nous de la préserver par la création. ». Dans chaque œuvre qu’elle crée, Sandra Dessalines revendique sa liberté, celle d’être une artiste au service de son histoire, de son peuple et de ses convictions profondes. La sculpture, pour elle, n’est pas seulement un acte de création, mais un puissant témoignage de la lutte et de la résilience qui caractérisent si
bien sa terre natale, Haïti.

Partager
À propos de l'auteur
Moise Francois
Moise Francois
Moise Francois

Journaliste rédacteur, poète et apprenti juriste.

Voir d'autres articles de Moise Francois
Laissez un commentaire

Publié récemment

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter pour rester informé de toutes nos activités et actualités sur Haïti.

Guédés : Quand Haïti célèbre ses ancêtres avec couleur et ferveur

Chaque 1er et 2 novembre, Haïti s’anime sous les couleurs noir et violet pour célébrer les Guédés, des esprits vénérés dans la religion vaudou, symboles d’un lien puissant entre les vivants et les morts. Fascinants, indomptables et provocateurs, les Guédés forment une véritable famille dans le panthéon du vaudou haïtien, où ils sont respectés pour leur rôle de guides spirituels des défunts vers l’au-delà. Dirigés par des figures emblématiques comme le légendaire Baron Samedi et sa compagne Grann Brigitte, les Guédés incarnent les paradoxes de la vie et de la mort. Chaque Baron a une personnalité singulière : Baron Cimetière, Baron Kriminel, et Baron La Croix sont les gardiens des âmes qui errent aux frontières du monde des morts. Ensemble, ils forment une présence puissante et quelque peu effrayante, mais profondément ancrée dans la culture haïtienne. Les Guédés ne sont pas comme les autres esprits du vaudou ; ils manifestent leur intrépidité d’une manière spectaculaire. Habitués à la mort, ils n’ont peur de rien et se montrent provocants : ils mangent du verre, des piments crus, enduisent leurs parties sensibles de rhum et de piment. Ces gestes marquent leur indifférence au danger et rappellent qu’ils ont déjà connu la vie terrestre. Ils sont ainsi des psychopompes – ces êtres qui mènent les âmes des morts – et agissent comme des ponts entre le monde des vivants et celui des morts. Certains Guédés, comme Guédé Nibo, arborent des habits aux couleurs noir, mauve et blanc, chacun possédant des caractéristiques uniques. Ils sont nombreux et variés : Guédé Fouillé, Guédé Loraj, Papa Guédé, et bien d’autres. Ce sont ces esprits qui, chaque année, rappellent aux Haïtiens l’importance de se souvenir des disparus et de les honorer. Le culte des Guédés n’est pas seulement religieux ; il est aussi culturel et historique. Selon la tradition, leur territoire spirituel, ou « Fètomè » – surnommé le « Pays sans Chapeau » – est un lieu où résideraient les âmes des ancêtres. D’après les récits, les origines de ce culte remontent au plateau d’Abomey, ancienne capitale du royaume du Dahomey, en Afrique, où la mort et la vie coexistent dans une forme de symbiose. Cette célébration en Haïti trouve même des échos dans l’histoire ancienne. Les Romains honoraient aussi leurs morts avec la « Fête des Lémuria », qui se déroulait en février, pour conjurer les esprits et rétablir la paix entre le monde des vivants et celui des défunts. Pour les Haïtiens, honorer les Guédés, c’est accepter la mort comme une partie de la vie et célébrer les liens invisibles qui nous unissent à ceux qui nous ont quittés. C’est aussi une manière de résister, car la vie, malgré ses défis, doit être célébrée dans toute sa complexité et sa profondeur.

Pitié ou l’œuvre d’une vieille âme écrasée sous le poids d’une existence au goût d’absinthe

Le vocable crise charrie une infinité de sens. Nulle intention de les révéler tous cet après-midi. Toutefois, quelques précisions s’imposent. Une gamine dont les parents ne disposent pas de fonds suffisants à Noël pour lui acheter une poupée de la petite Sirène noire pique une crise et s’enferme dans sa chambre à double tour sans toucher à ses repas de la journée. Un garçon dont le chien a été empoisonné subitement par un voisin pour se venger ou abattu ayant contracté la rage, perdant du jour au lendemain un ami fidèle, entre en crise. Pour finir une société en proie à toutes sortes de mutations et dont les dirigeants sont veules, peut-être prolongée dans une profonde crise. Dans le premier cas, la jeune fille boude pour attirer l’attention de ses parents afin de se sentir apprécier des enfants de son âge à l’école ou dans le voisinage. Aujourd’hui, une trentaine de minutes de négociations peuvent suffire pour y dégager une solution durable. De mon temps, quelques coups de ceinture bien sentis aurait eu raison de ce caprice. Mais, l’humanité évolue, dit-on. Dans le deuxième cas, ce garçon peut retrouver le sourire au bout de quelques semaines. Il lui faut un peu d’attention et, sans doute un autre chien. Comme dirait Stendhal, seule la passion triomphe de la passion. Dans le dernier cas, cette société dirigée par des ineptes est secouée dans ses assises profondes. Ses institutions peuvent une à une se déliter. Les forces vives se dissoudre en un rien de temps. Cette situation crée un tsunami sociétal qui détruit toute vie au sein de cette collectivité. C’est effectivement une crise. La crise de ce point de vue constitue une situation alarmante, désespérée dans l’existence d’une communauté où rien ne va. Le chaos y règne en maître. L’essence même de la vie disparaît. L’individu peut prendre le pas sur la collectivité. Chacun tentant de résoudre ses problèmes sans se soucier d’autrui. Le voisin le plus proche est relégué à des années lumières de soi. Comment se tourner vers la création? Comment continuer à concevoir l’altérité? Comment l’artiste peut s’imprégner de ce grand désarroi collectif comme source de motivations? Voilà les questions auxquelles je dois répondre. Un artiste voit et sent ce que le commun des mortels ne peut même pas imaginer dans une vie de mille ans. Il crée pour dénoncer, quand sa conscience d’être humain est révoltée. Il exalte les héros ou la patrie selon son ressenti. Il chante la beauté d’une femme irrésistible, envoûtante ou mochement resplendissante. Il peut aussi se servir de la désolation ambiante pour donner un sens à la vie. Créer en littérature comme dans les arts en général ne dépend pas de la conjoncture. L’acte de création est fonction des dispositions du créateur. Les événements tétanisent certains et galvanisent d’autres. Créer est jouissif. Chacun jouit donc selon sa fantaisie. Écrire ouvre la voie au changement. L’écrivain jette un regard différent sur le monde. En s’incrustant dans le réel il l’enjolive, le rend meilleur ou hideux selon le message qu’il entend partager. Tout compte fait, avec lui la vie n’est jamais figée. Écrire c’est mettre le monde dans un bocal pour y parcourir l’univers. L’artiste couve son œuvre par tous les temps. Oswald Durand métait en joie d’apercevoir le beau corps de Choucoune de son observatoire secret. Musset par contre dans la douleur rédigeait sa nuit d’octobre. Quant à Dany Laferrière, en exil, il décrivit les horreurs de la dictature duvaliériste et l’insouciance des jeunes filles de son quartier dans ce monde violent et dangereux. En définitive, l’écrivain vit dans une société avec des valeurs qu’il partage ou non. Elles conditionnent son existence ou n’ont aucune prise sur lui. À bien des égards, le monde ambiant lui sert de laboratoire. Il y réalise ses expérimentations. Il jette sur le monde un regard neuf, usé, désabusé, mélancolique, violent, plein d’aigreur selon son humeur. Pitié est l’œuvre d’une vieille âme écrasée sous le poids d’une existence au goût d’absinthe. Le jeune Mike Bernard Michel vit d’expédients et de mensonges. Les mains de la vie s’abattent sur lui avec une violence indescriptible. Le malheur l’étreint dans ses bras jour et nuit. Faut-il pour autant baisser les bras ? Musset aimait à dire : « l’homme est un apprenti, la douleur est son maitre. Et nul ne se connait tant qu’il n’a pas souffert. » L’artiste doit produire sous tous les cieux. Telle est sa vocation. Les incompétents au pouvoir, les bandits légaux ou de grands-chemins, la cherté de la vie, le chômage, les chagrins d’amour sont autant de sujets de préoccupations pour lui. S’il est vrai que ventre affamé n’a point d’oreilles, toujours est-il qu’il garde le cerveau en éveil. Que dis-je, il le stimule au point de créer des œuvres intemporelles. Monsieur Pitié vous avez un bel avenir devant vous. Oeuvre de Jean Rony Charles, le livre est disponible chez les Éditions Repérage.

Publié récemment

Le mardi 17 février 2026, l’Église Rendez-Vous Christ (RVC), dirigée par le Dr Julio Volcy, a rassemblé plusieurs centaines de jeunes haïtiens dans ses locaux à Delmas 75 pour une conférence placée sous le thème « Menm Ou Menm Tou ». L’événement a offert aux participants une occasion unique de se rencontrer, d’échanger et d’écouter des interventions motivantes centrées sur le développement personnel et l’engagement citoyen. Des messages forts pour la jeunesse Lors de sa première intervention, intitulée « Jenès la ou kapab », le Dr Julio Volcy a exhorté les jeunes à croire en leur potentiel et à rejeter toute forme de fatalisme. Il a particulièrement insisté sur l’importance de changer de mentalité : « Nous ne pouvons pas résoudre un problème avec la mentalité qui l’a créé. » Il a encouragé la jeunesse à adopter une nouvelle manière de penser, fondée sur la discipline, l’excellence et la responsabilité. Le révérend a également rappelé que la jeunesse haïtienne représente près de 70 % de la population du pays, et qu’un engagement structuré de seulement 4 % d’entre eux pourrait modifier significativement la trajectoire nationale. Sa seconde intervention, « Jenès la ak responsablite l », a souligné le lien indissociable entre potentiel et responsabilité. Le Dr Volcy a invité les jeunes à devenir des acteurs de transformation dans leurs communautés, à investir dans leur formation et à développer un leadership intègre. Appel à un engagement fort et à la spiritualité

Histoire

Histoire

Première nation noire à se libérer de l’esclavage et à obtenir son indépendance de la France en 1804 et a influencé d’autres mouvements de libération à travers le monde, inspirant des luttes pour la liberté et l’égalité.

Beauté naturelle

Beauté naturelle

Haïti est dotée de paysages naturels spectaculaires, notamment des plages de sable blanc, des montagnes et une biodiversité riche.

Patrimoine

Patrimoine

Haïti possède un riche patrimoine historique, notamment des sites comme la Citadelle Laferrière et le Palais Sans-Souci, classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Culture

Culture

Haïti possède une culture riche et diversifiée, influencée par des éléments africains, européens et autochtones. La musique, la danse, l’art et la cuisine haïtiens sont célébrés à travers le monde.

  • +
    • Publication