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Les architectes du chaos
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Les architectes du chaos

En Haïti, le chaos n’est pas une simple conséquence des événements, mais un produit soigneusement façonné par des acteurs dont les décisions ou l’absence de décisions aggravent chaque jour la crise. À la tête de cette orchestration d’échecs se trouve le Conseil présidentiel de transition (CPT), dirigé par l’architecte Leslie Voltaire depuis octobre 2024. Présenté comme une solution temporaire pour sortir Haïti de l’impasse, le CPT s’est rapidement révélé inefficace et incapable de répondre aux défis urgents du pays.

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Anglais : The Architects of Chaos

Espagnol : Los arquitectos del caos

Créole : Achitèk yo nan dezòd

Page de référence : Les architectes du chaos

Autre version : Les architectes du chaos

Un leadership chaotique

Créé en avril 2024, le CPT a suscité de nombreux espoirs sous la direction de Edgar Leblanc Fils, Coordonateur du parti politique Organisation du Peuple en Lutte (OPL). Mais ces espoirs se sont vite éteints. Les divisions internes, la mauvaise gouvernance, et les scandales de corruption ont transformé cet organe en une caricature de l’inefficacité administrative. En moins d’un an, le CPT est devenu un symbole d’impuissance, incapable de proposer des solutions concrètes à la crise politique qui paralyse Haïti depuis la chute du régime duvaliérites et qui s’est aggravée après l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021. La chute du régime duvaliériste a suscité beaucoup d’espoir, mais comme l’affirme Meudec, “À la poussée libératrice de 1986 a succédé une forme d’enlisement du processus de transition politique marquée par le retour de la corruption et de la violence” (Meudec 2007, 47). En effet, après environ 39 ans de “gouvernance démocratique”, le pays n’est que chaos et désolation.

Le pays reste sans élections depuis 2016, renforçant l’illégitimité des institutions. L’élite économique et politique contribue à ce blocage en refusant les réformes nécessaires pour instaurer un climat de confiance et de stabilité. Loin d’être des victimes, ces élites profitent du désordre ambiant pour maintenir leurs privilèges.

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Une économie chaotique

Le chaos haïtien est autant économique que politique. Suivant le rapport de l’Institut Haitien de Statistique et d’Informatique (IHSI), le Produit Intérieur Brut (PIB) s’est contracté de 4.2% en comparant les deux derniers exercices fiscaux, passant de 592,7 Milliards de gourdes pour l’exercie fiscal 2022-2023 à 568,0 milliards de gourdes pour l’exercice fiscal 2023-2024. Selon l’IHSI, cette chute “constitue le plus fort déclin de l’économie, jamais enregistré, depuis la chute de 5,7% du PIB en 2009-2010, consécutive au séisme dévastateur du 12 janvier de la même année” (IHSI 2024, 4). Le pays termine l’année 2024 avec un taux d’inflation de 25,8% (IHSI 2024, 4). La survie quotidienne est devenue un combat pour la majorité des Haïtiens. Le commerce informel domine l’économie, représentant près de 80 % des activités, tandis que les investissements étrangers sont quasi inexistants.

Le Conseil présidentiel de transition, sous la direction de l’architecte Leslie Voltaire, n’a montré aucune vision stratégique pour relancer l’économie. Les plans économiques sont inexistants, et les fonds internationaux disparaissent souvent dans des circuits opaques, alimentant davantage la corruption systémique. Cette corruption n’est pas seulement le fait des politiques. En effet, les élites économiques et politiques, en contrôlant les secteurs clés comme l’importation alimentaire et énergétique ainsi que la sécurité intérieure, participent à la perpétuation de la pauvreté et de la dépendance.

Une situation sécuritaire chaotique

La violence des gangs est devenue le principal facteur d’instabilité dans le pays. Ces gangs dictent leurs lois, extorquent les citoyens, empêchent l’accès aux services essentiels et contraignent des milliers de personnes à fuir leurs domiciles. Selon le Groupe d’experts sur Haiti, le nombre de déplacées en Haïti est estimé à plus de 500.000 personnes au mois de juin 2024, soit une augmentation de près de 60 % par rapport à mars 2024 (Groupe d’experts sur Haïti 2024, 29).

Nous assistons aussi à un processus de transmission de la violence aux enfants. Recrutés par la force ou attirés par des promesses illusoires de pouvoir et de richesse, ces enfants deviennent à la fois victimes et instruments de violence. Le Groupe d’experts sur Haïti affirme que “l’enrôlement d’enfants âgés parfois de seulement 10 ans par les gangs a considérablement augmenté et les enfants pourraient désormais représenter jusqu’à 50 % de l’ensemble des membres des gangs” (Groupe d’experts sur Haïti 2024, 31). L’absence d’éducation, la pauvreté et le manque de perspectives sont les principaux moteurs de cet enrôlement massif et participent au processus de maintien du chaos.

Vivre en Prose et en Poésie : un événement estival incontournable à Port-au-Prince.
Vivre en Prose et en Poésie : un événement estival incontournable à Port-au-Prince.

Vivre en Prose et en Poésie : un événement estival incontournable à Port-au-Prince.

Vivre en Prose et en Poésie est un événement artistique et culturel organisé par l’organisation culturelle salon de livre de port-au-prince ( OCSLPAP) dans le but de réunir les jeunes artistes de la capitale haïtienne pour les exposer face à un large public. Cette édition aura lieu le samedi 27 juillet 2024, au centre culturel pyépoudré,situé au numéro 332 sur la route de bourdon. Cette année les organisateurs annoncent avoir pour mission de réunir les talents de divers catégories d’arts, toujours dans le but de les aider à se familiariser entre eux, et d’aider à la création d’un solide lien entre eux et le public haitien. Les catégories visées par les organisateurs pour cette deuxième édition sont les jeunes poètes, slameurs,humoristes, rappeurs, danseurs, chanteurs, peintres, et écrivains qui ont déjà publié au moins un ouvrage. Vivre en prose et en poésie ce sera aussi l’occasion d’inciter la jeunesse haïtienne à la réflexion. La première partie de l’événement sera consacrée à une discussion autour d’un texte du célèbre écrivain haïtien Louis Philippe Dalembert, intitulé L’autre face de la mer. C’est un roman qui aborde avec minutie le sujet de la immigration et du détachement qui va avec dans la peau de l’immigré. C’est un livre qui s’inscrit à cœur ouvert dans la réalité du peuple haïtien à l’heure actuelle. Il est déjà annoncé que cette première partie sera animée par le journaliste et critique littéraire Carl Pierrecq qui travaille pour le nouvelliste, et la modération sera assurée par Pierre Marie, un jeune étudiant en sociologie à la faculté des sciences humaines (FASCH). Après une première édition largement réussie qui avait eu lieu en mai 2023 dans les locaux de la bibliothèque municipale de delmas, les organisateurs de vivre en prose et en poésie se disent déterminé et ont fait la promesse pour cette année de délivrer au publique port-au-princien, un événement culturel d’une envergure exceptionnelle pour la deuxième sortie. Une fois de plus, ce sera l’occasion parfaite pour célébrer la grande richesse de la culture haïtienne par le biais des organes de nos jeunes talents. Vu le contexte difficile, manifesté par la situation d’insécurité quasi quotidienne qui prévaut depuis un certain temps, dans une bonne partie de port-au-prince, l’annonce de cet évènement se présente comme une fraîche bouffée d’oxygène, éparpillée au sein du poumon de la ville. C’est une énième occasion de rappeler par la truchement de cette festivité artistique, que même en des temps de profonds troubles, l’art demeurera une lumière indispensable, car même en période de crise, ce dernier et l’artiste (son canal de diffusion) deviendront des refuges, des sources de réconfort et d’apaisement pour toutes âmes humaines.

Un avenir hypothétique

La jeunesse haïtienne, qui représente plus de 60 % de la population, est à la fois la principale victime de ce chaos et sa plus grande chance de redressement. Les acteurs politiques et économiques ignorent cependant ce potentiel, préférant exploiter cette force vive à des fins destructrices, comme en témoigne l’enrôlement massif des jeunes dans les gangs.

Pourtant, avec des investissements ciblés dans l’éducation, la formation professionnelle et l’entrepreneuriat, cette jeunesse pourrait devenir un levier essentiel de reconstruction. Les initiatives locales, soutenues par la société civile et les partenaires internationaux, doivent viser à offrir des opportunités viables à ces jeunes, afin de détourner leur énergie des gangs et de l’utiliser pour bâtir une société plus juste et solidaire.

Bâtir ou détruire ?

Le chaos que vit Haïti aujourd’hui n’est pas le fruit d’une fatalité. Il est le résultat d’une absence chronique de leadership, de la corruption systémique et de la complicité d’élites qui profitent du désordre ambiant. Les architectes du chaos ne sont pas des figures anonymes : ils occupent des positions de pouvoir et leurs décisions façonnent chaque jour l’effondrement du pays.

Pour sortir de cette spirale, une refonte totale des institutions et un renouvellement des élites politiques et économiques sont indispensables. Haïti ne pourra se relever qu’avec des leaders réellement engagés, en rupture avec l’habitus dominant, et une jeunesse mobilisée, engagée et combattante. Les architectes du chaos doivent céder leur place aux bâtisseurs de l’espoir, car seul un engagement collectif, édifié sur l’idéal de la liberté pour tous des Pères de la nation, pourra permettre à Haïti de retrouver sa dignité et sa stabilité.

Citoyen Ken

7 Janvier 2025

Une huitième sortie réussie pour le mercredi de la chaire Monferrier Dorval
Une huitième sortie réussie pour le mercredi de la chaire Monferrier Dorval

Une huitième sortie réussie pour le mercredi de la chaire Monferrier Dorval

Le mercredi 24 octobre 2024, dans les locaux de l’Office de la protection du citoyen, sur la route de Bourdon, a eu lieu la 8e sortie du mercredi de la chaire Monferrier Dorval. Pour rappel, les mercredis de la chaire sont l’une des initiatives prises dans le cadre de la chaire de droit constitutionnel Monferrier Dorval, instituée le 12 mars dernier par le Conseil de l’Université d’État d’Haïti (UEH). Le recteur, M. Fritz Deshommes, en est le directeur technique. Le professeur Henri Marge Dorléans, ancien ministre de la Justice, est le directeur scientifique, et le doyen de la faculté de Droit et des Sciences économiques, Me Eugène Pierre Louis, occupe à la fois le poste de vice-président technique et scientifique. Il convient également de noter que les deux principaux objectifs de la chaire sont, d’une part, de valoriser la mémoire du professeur Dorval, bâtonnier de l’Ordre des avocats d’alors, lâchement assassiné devant sa maison, à proximité de celle du couple présidentiel de l’époque, le 20 août 2020. D’autre part, il s’agit de valoriser le travail qu’il avait entrepris dans le pays, en tant que professeur de droit constitutionnel, autour de la nécessité d’opérer un changement constitutionnel pour faciliter une gouvernance efficace et une meilleure gestion institutionnelle d’Haïti.

Références

Meudec, Marie. 2007. Corps, violence et politique en Haïti. Aspects sociologiques.. Aspects sociologiques, 14, 1. ⟨hal-01636285⟩: 1-27. https://hal.science/hal-01636285v1 United Nations. 2024. Rapport final du Groupe d’experts sur Haïti

Ministère de l’Économie et des Finances, Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique. 2024. Les comptes économiques en 2024

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